l’Astro Gazette de la FDAF

n°197 - Mars 2021

Bulletin mensuel de la FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones)

Billet d’Humeur

Marie-Paule
BAICRY

Configuration céleste.


Nous voici au mois de mars, mois des Poissons : le Soleil se trouve dans ce signe depuis le 18 février, rejoint par Vénus le 25, puis par Mercure le 15 mars, ces planètes rapides venant rejoindre Neptune qui est dans son domicile depuis 2011. Un mois pour aller explorer l’énergie neptunienne des Poissons.

Cette mise en avant des Poissons se passe toujours dans un contexte Verseau (Saturne et Jupiter dans ce signe) et Capricorne avec Pluton qui y mène l’ensemble des planètes (sauf parfois la Lune) ; à quoi s’ajoutent Uranus et la Lune noire en Taureau, tandis que Mars va entrer en Gémeaux le 3 mars. Le carré entre Saturne et Uranus est toujours en toile de fond lui aussi. Et l’ensemble des planètes, à l’exception de la Lune par moments, est regroupé sur une centaine de degrés du zodiaque.


Ménélas et Aristé.


Protée, que l’on appelait le « Vieux de la mer », était un devin, fils de Neptune. Il est donc propre à nous donner quelques enseignements sur le signe des Poissons. Nous avions déjà fait sa connaissance dans un article publié à la FDAF en 2012 – que vous pourrez retrouver sur mon site si vous le souhaitez1. Je voudrais aujourd’hui vous entretenir d’hommes venus le voir parce qu’ils se retrouvaient bloqués dans une situation qui leur semblait être sans issue.

Le premier d’entre eux est Ménélas ; voici son histoire, telle que relatée par Homère2. Lors de son voyage de retour de la guerre de Troie, retenu depuis vingt jours par le mauvais temps et des vents contraires sur l'île de Pharos - où vit Protée – Ménélas, découragé, aimerait poursuivre sa route avec ses compagnons, d’autant que les vivres commencent à manquer. Un jour, Idothée, la fille de Protée, prise de pitié pour lui, l’aborde et lui propose d’aller voir son père. Aussitôt, Ménélas questionne la nymphe, persuadé d’être coupable envers les dieux immortels pour se retrouver ainsi immobilisé dans son voyage. Il se sent en quelque sorte en inadéquation avec son Idéal, représenté par les dieux. Agité et instable comme le mauvais temps et les vents contraires, il est dans un brouillard neptunien quant à la suite de son voyage. Aussi est-il est prêt à se remettre en cause et à reconsidérer son comportement. C’est pourquoi il va suivre les conseils d’Idothée et aller voir Protée afin qu’il l’éclaire sur ses erreurs.

Le second personnage qui va faire appel au Vieux de la mer est Aristé3. Il a vu périr ses abeilles jusqu’à la dernière et les rayons rester inachevés dans la ruche déserte. Il en pleure de chagrin ! Ici, c’est sa mère, elle aussi nymphe des eaux qui, voyant sa douleur, lui propose d’aller voir Protée afin qu’il lui explique la cause de la maladie et lui donne une fin favorable. Là encore, remise en question, écoute des dieux, désir de trouver une solution en accord avec eux.


Mauvais temps et vents contraires.


Ainsi, Ménélas et Aristé viennent à la rencontre de Protée parce qu’ils sont bloqués dans une situation de vie et qu’ils n’arrivent plus à voir comment avancer, comment revenir dans le courant de la vie, comment se remettre en mouvement.

Aujourd’hui, nous aussi sommes, collectivement, dans une situation de vents contraires et de mauvais temps initiés par un virus dont nous ignorons toujours l’origine. A l’instar de Ménélas figé sur son île, nous en sommes arrivés à freiner drastiquement voire à arrêter le courant de la vie, relationnelle, sociale, économique, culturelle, prétendant ainsi anéantir un virus contre lequel nous serions « en guerre ». Dans nos sociétés avant tout rationnelles, les solutions recherchées sont loin de celles choisies par Ménélas et Aristé. Les pistes privilégiées se situent dans une dynamique horizontale, d’ordre uranien, c’est-à-dire basées sur la technologie et elle seule, en l’occurrence essentiellement vaccinale, dans la précipitation d’une « course contre la montre », nous dit-on ; et ce alors qu’il reste quantité d’inconnues sur l’efficacité même de ce vaccin ainsi que sur ses effets secondaires, à court et à long terme. L’on trouve également une démarche très saturnienne – toujours dans un sens très primaire – de distanciations de toutes sortes. Il y a dans cette approche un fond d’illusion de toute-puissance faustienne (saturno-plutonienne) nous faisant croire que nos technologies et nos pauvres petites ruses pourraient avoir raison des lois de la nature.

Pas question donc, pour nos sociétés, de s’adresser à Protée, à la sagesse du Vieux de la mer, c’est-à-dire à la connaissance profonde des mystères du monde de la sensibilité marine et de l’inconscient collectif. Contrairement à Ménélas et à Aristé, pas d’interrogations majeures sur notre responsabilité humaine dans l’origine de nos crises.

Et pourtant ! Notre rapport au monde et à la nature n’est-il pas devenu terriblement dysfonctionnel ? Ne serait-il pas temps de nous poser les bonnes questions alors que nos excès de toutes sortes ont également abouti à une crise climatique et écologique gravissime nous mettant sérieusement en danger, et pour laquelle les mesures annoncées semblent bien dérisoires ? Non les questions aboutissant à nous restreindre dans nos qualités de cœur et notre liberté d’être, et à voir l’autre comme un danger potentiel dont il faut se méfier… au point de vouloir créer mondialement une nouvelle forme de ségrégation, un « apartheid vaccinal » ! (Il fallait y penser !) Mais plutôt celles autour de notre manière de traiter « le vivant » comme s’il s’agissait d’objets à notre service dont nous pouvons user et abuser sans vergogne. Nous avons divisé le monde entre nous et les autres êtres vivants, entre nous et la nature (comme si nous n’en faisions plus partie), et même entre nous et nous, instaurant des frontières et barrières illusoires un peu dans tous les domaines.


Confusion neptunienne.


Ménélas et Aristé eux aussi ont créé une coupure, c’est ce que leur enseigne Protée. Le premier a omis d’honorer les dieux avant son départ ; le second a été à l’origine du drame d’Orphée perdant son Eurydice, c’est-à-dire son âme, dont précisément l’abeille est un symbole. N’aurions-nous pas intérêt à réfléchir nous aussi à notre positionnement, alors que nos ruches se vident et que la Terre souffre de nous ?

Nos deux héros se trouvent dans le brouillard et la confusion ; ils ne savent plus que faire ; ils sont désorientés et tournent en rond. C’est là un climat très neptunien, terriblement proche du nôtre. Depuis un an maintenant, le mensonge et l’incohérence constituent notre pain quotidien, assortis d’hésitations (du moins apparentes) sur des mesures changeant au gré de chiffres qui, non mis en perspective, n’ont aucun sens et alimentent un véritable raz-de-marée médiatique anxiogène ; les repères parfois donnés sont aussitôt contredits ; et sans cesse est brandie une nouvelle épée de Damoclès prenant la forme de confinements variables qui ne laissent place à aucune possibilité de se projeter, ne serait-ce qu’à quelques jours.

Ainsi, dans cette confusion et cette absence de repères clairs, se présente l’ombre de Neptune qui risque bien d’être encore accentuée en ce mois de mars, mois des Poissons où la perméabilité neptunienne est de mise. Mais rien n’est inéluctable, et nous avons, comme toujours, le choix. Allons-nous nous dissoudre dans la confusion ambiante, demeurer dans l’incertitude et dans d’insaisissables mirages ? Nous laisserons-nous noyer par des marées émotionnelles suscitées par la peur ou des états d’âme incontrôlables ? Ou bien, autre éventualité, allons-nous nous rendre imperméables et nous couper de notre humanité avec sa dimension d’empathie et d’attention à l'autre, comme Neptune asséchant parfois les sources ou stérilisant les terres en les couvrant de sel ? Ou encore continuer à fuir notre responsabilité dans l’état du monde ?


Lumière neptunienne.


Une autre voie de perméabilité existe cependant. Elle nécessite de notre part, avant de pouvoir la suivre, de nous ancrer fermement en nous-mêmes et d’être à l’écoute de notre monde intime, comme Ménélas et Aristé finissant par entendre leur féminin – qui leur apparaît à chacun sous la forme d’une nymphe. Celle-ci les conduit à se recentrer en eux-mêmes, à se reconnecter à leur Idéal et à entrer dans leur propre puissance avant de pouvoir s’ouvrir au monde des mystères de Protée. Le message que Protée leur délivre est clair : sacrifier un taureau aux dieux, c’est-à-dire renoncer à des bénéfices matériels pour se voir accorder leur pendant spirituel. Aristé récupère ainsi des essaims d’abeilles, c’est-à-dire le fil de l’âme le conduisant vers la voie de la sublimation, tandis que Ménélas retrouve le chemin vers sa patrie, donc vers lui-même.



A partir de cet état « relié », il nous devient possible de choisir à quoi nous voulons être perméables, peut-être même à quoi nous devons l’être pour éviter que le fameux « monde d’après » ne devienne définitivement inhumain et invivable. A nous de nous laisser pénétrer par le monde de la transcendance et de le diffuser dans le monde matériel : de quoi dissoudre, qui sait, cette sorte de rouleau-compresseur mondial cherchant à surveiller et à maîtriser la vie et les déplacements de près de huit milliards d’humains sous prétexte d’arrêter un virus ? S’ouvrir au monde de l’Invisible en se laissant imprégner par l’énergie de la nature ; contempler l’infini de l’océan et s’y fondre pour en irriguer le quotidien ; laisser se déployer en nous l’imaginaire et les utopies, préalables indispensables à la mise en œuvre d’un monde réellement meilleur ; se laisser habiter par la beauté afin de désagréger les empêchements culturels mis en place, la traduire dans notre quotidien en créant, fût-ce à travers de tous petits actes ; établir des relations d’âmes, véritables réseaux invisibles pour pallier les restrictions relationnelles imposées ; chanter, danser, peindre, écrire, méditer pour se fondre à la Lumière et la faire rayonner chaque jour ; ouvrir son cœur à l’amour universel neptunien pour le diffuser autour de nous ; accueillir ce qui est, et développer une foi inébranlable en la justesse de la vie, quelles que soient les circonstances…

Voilà quelques pistes, non exhaustives évidemment, pour vivre au plus haut ce mois de mars très imprégné par l’énergie de perméabilité des Poissons, mais aussi les mois suivants bien sûr… Si vous le voulez bien, unissons nos âmes en ce sens afin de participer activement à la recréation d’un monde sensible et humain, respectueux du vivant et axé autour de l’Essentiel.

Marie-Paule BAICRY

1er mars 2021

03.88.64.10.88

Consultations et accompagnement.         

Cours d’astrologie et Ateliers de méditation.

marie.paule.baicry@gmail.com

https://www.mariepaulebaicry.fr/

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Images :

1. Horloge Oslo. Photo Baicry.

2. Une Tempête se lève, une huile sur toile de Van de Velde le jeune.

3. Neptune sur son char, IIIe siècle. Musée archéologique de Sousse.

4. Oslo, sculpture Vigeland Park. Photo Baicry.

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1 Article intitulé : « Neptune en Poissons : Plongée dans les profondeurs marines avec Protée, le Vieux de la Mer » : https://www.mariepaulebaicry.fr/articles/

2 Homère, L’Odyssée, chant IV.

3 Virgile, Géorgiques, chant IV. Ovide, Fastes, 1, 364 – 380.


Mauvais temps et vents contraires