l’Astro Gazette de la FDAF

Bulletin mensuel de la FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones)

200e

JUIN 2021

Billet d’Humeur

Des implications du passage de Neptune et Chiron en Poissons….

Mahn

Mouvement
Astrologique
Humaniste
Nantais

Comme l’exprimait « poétiquement » Mélanie Reinhart dans Chiron et la voie de guérison : « Nous sommes des gouttelettes dans la vaste liquidité de la mer et, tout comme l’océan peut avaler nos navires titanesques et nos avions, nos petits vaisseaux de conscience humaine sont susceptibles d’être engloutis par les eaux les plus profondes du psychisme».

Au cours du mois de Mai 2009, Chiron, Neptune et Jupiter s’étaient retrouvés plus ou moins en conjonction en Verseau.

Précédente période de crise financière où nombre de personnes ont commencé à s’interroger sur le sens de leur existence afin de tenter de retrouver des valeurs essentielles, en un moment où de nombreuses valeurs-refuge s’écroulaient.

En 2018, nous avons retrouvé la signature de Chiron le guide avec Neptune le spirituel, puisqu’une conjonction appliquante s’est faite entre les 2 planètes en février/mars, dans le signe du Poissons, où de nombreuses planètes se sont succédées à leur tour, en conjonction.

Neptune restera en Poissons jusqu’en 2024, et Chiron l’a quitté en 2019.

Chiron orbite irrégulièrement entre Saturne, symbole de la conscience du développement social de l’homme incarné sur Terre, et Uranus, planète symbolisant le développement de la conscience spirituelle de l’Homme tentant de se délivrer des conditions matérielles de l’existence.

Ces deux Planètes sont très impliquées dans les transits présents, Saturne, pas encore détaché de son passé, Uranus, se projetant vers un futur imprécis.

Le 17 Février prochain, elles vont se retrouver toutes deux en carré. Inutile de rappeler que nos structures actuelles sont encore loin de leur restructuration et libération.

Cet aspect tendu entre deux principes contraires qui s’entrechoquent, souligne encore une fois cette crise mondiale, qui dure, traîne et s’allonge.

Par ricochet, plusieurs schémas s’imbibent et s’imprègnent… sanitaires, économiques, humains, écologiques…

Depuis leur entrée en Verseau, on espère un peu de relâchement de toutes ces tensions, mais c’est compter sans notre seigneur du temps, Saturne, qui donne le tempo ; en ce moment, il a choisi l’attente et si pour certains cette expectative devient insupportable, cela peut entraîner vers les rébellions Uraniennes.

On ressent le fil de la lame ces jours-ci, Mars et la Lune Noire M sont conjoints à Uranus et carré à Jupiter Saturne.

Pour revenir à Neptune toujours en Poissons, pour 3 années encore environ, il a probablement participé à la propagation de ce virus et surtout contribué à en brouiller les pistes. Jupiter a joué sa partition aussi.

Actuellement Neptune est carré aux Nœuds lunaires.

On peut songer à une déstructuration de notre monde sur le plan collectif, appelant une refonte de nombreuses bases sociales !

Le Dieu Neptune gouvernait son empire, du fond de la mer où il protégeait ceux qui voyageaient sur les eaux. Mais c’était aussi une Déité colérique, ne répugnant pas à provoquer les tempêtes, les ouragans et tsunamis, s’il se sentait offensé.

Les humains auraient-ils froissé cette Divinité, en ne respectant ni la terre ni les mers ?… On peut le craindre…

Eric Berrut dit : « le sentiment Neptunien océanique n’est pas seulement mystique. Même lorsque la mer semble calme en surface, elle cache dans ses profondeurs une puissance difficilement maîtrisable. »

Il ajoute : « à la différence d’Uranus qui veut faire table rase du passé et trouver le paradis à venir, la révolution Neptunienne consiste à revenir à son point de départ, retrouver ses fondamentaux et laisser se déliter le paradis perdu ! »

Possible de faire un rapprochement avec ce qui nous est demandé maintenant :

Faire le constat des modèles qui ne fonctionnent plus, tenter d’effectuer la marche arrière encore possible, s’appliquer à revenir vers des valeurs de bases essentielles et essayer de dissoudre quelques mauvais plis du passé …

Certaines des conséquences de la pandémie que nous vivons actuellement présentent des similitudes avec le symbolisme du signe des Poissons, de même qu’avec Neptune…

Les souffrances physiques et erratiques que traversent les malades de la Covid ;

Les angoisses psychologiques et psychiques de ces jeunes égarés dans le brouillard et englués dans une nébuleuse, les privant d’une mise en forme de leur avenir ou celles des nombreux entrepreneurs devant la dissolution de leurs entreprises, charriées par le flot des dépôts de bilan ;

Une spiritualité et des traditions mises à mal devant l’impuissance de familles, confrontées aux pleurs de leurs proches isolés, désarmées lors des derniers adieux, entravées dans leurs rituels de deuils…

Concernant Chiron, nous le savons, lorsqu’il aspecte une planète, cette dernière est poussée à s’élever à un niveau de conscience plus élevé, mais cette montée d’un palier représente des moments critiques, impose des conditions où il devient nécessaire de se réaligner à de multiples niveaux, physiques, émotionnels, intellectuels et spirituels.

Avant que notre astéroïde ne devienne guérisseur, il va en falloir des baumes et des pansements pour cicatriser toutes ces blessures et leur donner du sens !

Cette conjonction Chiron /Neptune incitait à se libérer encore un peu des conditions terrestres pour s’ouvrir, toujours plus à de nouvelles dimensions plus subtiles.

Elle a pu permettre l’éveil dans certaines consciences, d’une transcendance vers l’humanité ainsi que des ressentis vers les voies de l’abnégation.

Malgré tout, cela ne fait pas l’impasse d’un désarroi face à l’inconnu, d’une confusion intérieure et même si on rêve d’idéaux, les voies pour y accéder ne sont pas exemptes de chaos « dionysien ».

Le cheminement de ces deux astres a pu œuvrer à l’entrebâillement d’un canal d’énergie céleste, accessible à des guides spirituels, animés d’une saine lucidité et disposant de belles facultés sensorielles.

On constate d’ailleurs l’émergence de thérapeutes, s’ouvrant à la pratique de multiples techniques, moins traditionnelles que par le passé.

Se présente l’opportunité d’apporter une aide à de nombreuses personnes, dans le tourment.

On peut espérer que des personnes ayant traversé et résolu certaines difficultés, seront plus à même d’accompagner celles-ci dans une espérance.

Néanmoins, ne nous leurrons pas, même si cette voie peut intensifier la compassion, elle peut aussi dériver vers les détroits du fanatisme.

De même que vouloir dire sa vérité, devenir «vrai», enclenche facilement un phénomène de chamboulement dans un groupe communautaire, familial, professionnel, religieux…

Peut émerger le sentiment indéfini, d’être l’élu, celui qui va porter la bonne parole. Ou bien celui qui doit affirmer sa vérité, celui qui ne peut plus se désavouer…

Dans certaines circonstances, on peut aisément devenir une victime, un bouc-émissaire, un dépossédé, un sacrifié.

Gilles Verrier a évoqué récemment lors d’une conférence au sein de Source, les thèmes de plusieurs personnalités sous les feux des projecteurs actuellement, dont certains pourraient présenter ces caractéristiques, sur le plan du socioculturel…

On retrouve bien des thématiques de Neptune le souffre-douleur, Chiron le rejeté et Uranus le marginal.

Peut-on penser que le passage de Chiron et Neptune dans le signe du Poissons nous préparait à une forme de lâcher-prise devant les événements d’aujourd’hui, nous ouvrant à une compréhension des enjeux subtils, qui sont à l’œuvre pour notre monde, nous accommodant à un « détricotage » de nombres de nos croyances, nous permettant de nous élever vers davantage d’indéterminisme, plus de mansuétude et nous hissant vers des canaux d’accession à de nouvelles formes sécuritaires…. ?

On le sait, il faut un « sacré courage » pour s’aventurer sur les sables mouvants et c’est le don de ce signe des Poissons.

Pour rappel, voici partiellement ce que Dane Rudhyar, disait de ce signe :

« Toute transition, constitue virtuellement un passage de la mort à la renaissance, et pas seulement une évasion dans des paradis illusoires ou l’annihilation dans des états de luminescence et de dissolution spirituelle.

Pendant ces périodes de passage, toute personne clairvoyante et individualisée a pour tâche de surmonter la force d’attraction du passé et un attachement pénalisant aux souvenirs de souffrances et de frustrations accumulés dans l’inconscient, voir même le souvenir d’accession élevée.

La tâche essentielle consiste à se délivrer de tout cela et à avancer résolument vers un nouvel avenir. Mais cette délivrance revêt souvent un caractère bouleversant. Elle exige  des actes de détermination face à une temporisation ou anéantissement de traditions communautaires. »

Courage pour se délier du passé, courage de garder la foi en un avenir incertain.

Nul ne peut supporter de tels raz de marées et les dévastations qui s’en suivent sans endurance.

« En-durer », c’est perdurer encore après la pression des forces de désintégration à l’ouvrage lors de toutes fins de cycles.

Chiron est entré une première fois en Bélier, au printemps 2018, puis a de nouveau rétrogradé en Poissons à l’automne 2018 pour revenir s’installer en Bélier, le 18 Février 2019, un an avant l’émergence en France de la Covid 19. Uranus se préparait à lui laisser la place.

Petite parenthèse….

Une nouvelle variété de chauve-souris, « le murin cryptique », est décrite dans un article qui parait le 19 Février 2019, auquel ont collaboré des chercheurs Français, Suisses et Espagnols.

On se souvient du début de la polémique autour d’un des facteurs de la transmission du virus qui serait la chauve-souris et son hôte intermédiaire, présumé être le pangolin.

Précision, ce nouveau type de chiroptère européen ne semble pas faire partie du genre qui héberge le germe du coronavirus.

Le hasard… une coïncidence… possiblement, un signe « chiro » de la main !

Revenons à nos moutons,  voici approximativement ce que dit l’astrologue Barbara Hand Clow de Chiron en Bélier :

“Quand Chiron est dans ce signe de feu, la recherche d’une voie permettant de se doter d’une nouvelle identité prédomine, mais elle se fait d’une façon dynamique, quelquefois insistante.  

En tant que guerrier intérieur, Chiron a quelques affinités avec Mars. Il peut manifester de l’impatience: ses réflexions philosophiques seront un peu mises de côtés au profit de l’action.

Jusqu’à ce qu’émerge la bonne voie, cela restera un questionnement, comme une nécessité qui s’impose sans prise de repos. »

Précédant son entrée en Taureau, Uranus s’est nourri de l’énergie Bélier… au tour de Chiron, qui transitera 8 ans dans ce signe pour initier, modérer, modifier, déplier une nouvelle dynamique identitaire de notre société.

Au cours de ce passage, quelles voies notre guide guérisseur défrichera-t’il, dans ce signe, impulsant le courage, non plus de supporter vaillamment mais d’oser explorer de nouvelles pistes…

Avec le germe de la conjonction de Jupiter et Saturne en Verseau, ce peut être le timing d’un nouveau départ, mais ça demandera le temps de la maturation.

Pour l’heure, ça se poursuit par de multiples affaissements… Pluton est toujours en Capricorne et par de nombreuses afflictions… Neptune continue sa progression en Poissons.

Encore une occasion de ne pas oublier que l’astrologie est un système horloger minutieux et lent, tout mouvement planétaire, même infime et subtil participe à une ordonnance, un séquentiel, un rythme, une cadence… prélude à tous les rendez-vous… mais les configurations par lesquelles, cela prendra forme restent longtemps de l’ordre du mystérieux.

Observons les signes de la vie !


Pascale CORRIGNAN, pour le MAHN